| Compte rendu de la conférence de Mr. Périclès Nearkou |
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| 23-01-2010 | |
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Le Lundi 7 Décembre 2009 se tenait à l'EGE la conférence de Mr. Périclès Nearkou, ambassadeur de Chypre en France.
L'intitulé de cette conférence était "Chypre: Enjeux stratégiques et géopolitiques". Son excellence s’est attachée à expliquer quelques grandes lignes historiques de l’île pour comprendre son importance stratégique. Chypre est la porte de l’Orient et la mer Méditerranée n’a en effet jamais perdu son importance stratégique.
La décolonisation a pris place après la deuxième guerre mondiale. 20000 chypriotes ont servi dans l’armée anglaise, c’est pourquoi il y a eu une intensification du mouvement anti colonial contre les anglais. Il s’agissait plus auparavant d’un mouvement irrédentiste. Il y avait à l’époque à Chypre 80% de Grecs, 18% de Chypriotes turcs et 2% de Maronites et Arméniens. Il était donc légitime de vouloir la réunion à Grèce (comme cela s’est passé pour la Crète). Mais après la guerre, le mouvement irrédentiste s’est confondu avec le mouvement mondial anticolonial. Or, au début, Chypre n’était pas considéré comme très important par les Britanniques puisqu’ils possédaient d’autres portes d’entrée dans le Moyen Orient, une certaine forme de réserve stratégique. Mais alors qu’au Moyen-Orient, les mouvements nationalistes prennent de l’ampleur, le problème de Chypre se fait plus pressant pour les Britanniques. Ils sont donc devenus beaucoup plus intransigeants. L’impatience des Chypriotes contre les Britanniques a grandi dans les années 1950 et s’est soldée par une lutte armée. Les Britanniques ont mobilisé la minorité turque ainsi que la Turquie contre les Chypriotes grecs. Des troubles intercommunautaires sont apparus et la Turquie a fait de Chypre une cause nationale. Les Anglais ont donc fait un chantage. C’est de cette façon que les choses se sont détériorées. Le problème passe de britannico-grec à gréco-turc. Les accords de Zurich et de Londres de 1959 mettent fin à la lutte anticolonialiste. Une solution d’indépendance est trouvée, avec cependant beaucoup de limitations. Les accords joue sur la minorité turque en lui donnant beaucoup de privilège (droit veto du président turc/ 40% Chypriotes turcs dans la police). La création d’un antagonisme intercommunautaire résulte de ces accords qui s’effondrent en 1963 avec un coup de force du Président Makarios qui donne lieu à de violents affrontements. La Turquie en profite pour revendiquer la partition de l’île. En 1974, la Turquie envahit Chypre suite au coup d’état des colonels grecs (soutenus pas les services secrets américains) en prétextant la protection des intérêts des Chypriotes turcs. Une fois le gouvernement chypriote rétabli, la Turquie refuse de se retirer et impose la partition de l’île. Le coup d’Etat était nécessaire pour justifier l’intervention turque. Kissinger pensait que les conflits gelés ne pouvaient être résolus : un « réchauffement » est nécessaire à la résolution. Or, dans le cadre de l’antagonisme de deux blocs, les Etats-Unis pensaient qu’il fallait donner satisfaction à la Turquie. Outre le soutien américain, les Turcs devaient garantir la neutralité de l’URSS. Or, le coup d’Etat des colonels grecs faisait de la Grèce le méchant de l’histoire. La Turquie avait donc libre champs pour l’invasion, l’opération Attila 1. La complaisance de Kissinger a permis aux Turcs de continuer d’avancer malgré la chute du gouvernement. La Turquie a tenté de masquer l’invasion par une solution des deux Etats. Par ce moyen, l’idée était consolider la domination de la Turquie sur toute l’île et donc avoir la possibilité via la partie turque de Chypre d’avoir une participation dans les affaires de l’Union Européenne. Après l’invasion, la Turquie a initié un mouvement de colonisation de peuplement pour changer la démographie de l’île. Cependant, les Chypriotes turcs sont toujours en minorité dans l’île, y compris dans la partie nord. Il existe aujourd’hui en Turquie une volonté de passer de deux Etats à un Etat confédéré afin de trouver une entrée dans l’Union Européenne. Il reste 40 000 soldats turcs à Chypre. La carrière de Monsieur Nearkou s'articule autour de 3 pôles majeurs : • Natif de Chypre, il a étudié à la Faculté des Lettres de l’Université d’Athènes. Il fit le choix par la suite de venir étudier en France, d’abord à l’université de Tours, où il a obtenu une licence et une maîtrise en Sociologie, puis à la Sorbonne, dont il est diplômé d’une licence en Histoire. • Par la suite, il fit le choix de tenir des postes à de hautes fonctions, en Grèce tout d’abord comme Conseiller Politique du Premier Ministre grec Andreas Papandreou, mais également comme Directeur du Centre Culturel Européen de Delphes (1984-1989), comme Conseiller du Ministre Alternatif aux Affaires Etrangères, Conseiller du Ministre de l’Education Nationale, Conseiller du Ministre du Développement. Puis il fut nommé Ambassadeur extraordinaire et Plénipotentiaire par le Président de la République de Chypre en août 2007. Il représente aussi l’Ile de Chypre auprès de l'UNESCO, Chypre possédant de très nombreux biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial. • Il est également Analyste en géopolitique à la revue mensuelle « Stratégie » et l’auteur de nombreuses recherches sur la place de Chypre au sein de l’Europe et d’analyses sur les problématiques culturelles. |







