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01 mai 2019

Interview de Pablo Nakhlé Cerruti, SIE 8

Interview de Pablo Nakhlé Cerruti- Promotion 8

Aujourd'hui Directeur Général de Viparis

Quel est votre parcours scolaire ? Pourquoi avoir choisi cette école?
Je suis originaire de Saint Malo, où j’ai effectué ma scolarité jusqu’au lycée, puis j’ai intégré l’IEP de Strasbourg. J’ai ensuite découvert l’EGE en faisant des recherches pour un troisième cycle. Son discours m’a séduit : dans un contexte de globalisation et de l’explosion de l’information, l’État n’a plus le monopole de l’intérêt général et les entreprises n’ont plus le monopole de la création de richesse. Ce discours il y a 15 ans m’avait séduit.
En parallèle de l’EGE, j’ai commencé à travailler pour Bernard Carayon, qui était député du Tarn et qui venait de remettre un premier rapport sur l’intelligence économique au Premier ministre.
J’ai un très bon souvenir de ma scolarité, j’ai trouvé ce que j’étais venu chercher : une façon différente de regarder le monde.

Quel est votre parcours professionnel?
En 2007, j’ai été nommé Directeur général de la fondation d’entreprises Prometheus. De 2009 à 2011, je suis membre du cabinet de Christine Lagarde, à Bercy, plume du ministre de l’Economie et des Finances. En 2011, je rejoins Unibail-Rodamco comme directeur de la communication et des relations institutionnelles groupe. En Septembre 2014, je deviens Directeur délégué de VIPARIS, leader européen des congrès et des salons. Depuis juin 2018, je suis Directeur général. En parallèle, j’ai gardé une attache avec le monde public, je suis également conseiller municipal de Saint-Malo depuis le mois d’avril 2014.

Est-ce que votre âge a été un frein?
Non jamais, même si c’est un sujet récurent. Il l’est de moins en moins !

Pensez-vous avoir respecté vos ambitions?
Enfant, je voulais devenir ambassadeur. Directeur des affaires publiques d’un grand groupe, j’ai tâché de démontrer la contribution d’un acteur privé à l’intérêt commun. Aujourd’hui, dans mon travail je vois une cohérence avec ce parcours. A Viparis notre but est de faire venir le monde entier à Paris pour y faire des affaires et dans le but d’améliorer le rayonnement de la destination Paris ; il y a à nouveau une logique d’intérêt commun.

L’IE a-t-elle une place importante dans votre profession actuelle?
Je n’ai jamais compris ni vu l’Intelligence économique comme une discipline, mais comme un réflexe, une inspiration, une grille de lecture.
Ce que l’école m’a appris, que j’utilise tous les jours et qui est pour moi une vraie différenciation, c’estde considérer l’information comme un facteur de production de l’entreprise. Au même titre que les facteurs de production historique que sont le capital et le travail.
Ma grille de lecture est que l’information est un facteur de production et qu’elle doit être traitée de la même manière que les deux autres afin qu’une organisation devienne performante.

 

Quelle serait l’évolution de l’IE?
La notion de guerre économique est aujourd’hui rentrée dans les mœurs, voire même dans les pratiques. Point de logique belliqueuse dans ce terme, mais une conscience de rapports de force aussi au niveau économique.
Par exemple, le Medef a constitué un Conseil de la Souveraineté Économique. La véritable intelligence économique, c’est celle-là. Ou encore la création par le ministère des Finances d’un outil d’acceptation des investissements étrangers.
Si vis pacem, para bellum.

Quelle est la place de le l’IE dans une entreprise?
Le stade ultime du management de l’information, et l’EGE l’a bien compris, c’est la connaissance. L’information devient connaissance lorsqu’on lui donne du sens. Le sens relève autant de la vision stratégique que du management. C’est donc au cœur des intérêts vitaux de l’entreprise.

Avez-vous un souvenir particulier de l’école ? Un cours, un professeur qui vous a marqué?
L’année à l’EGE est une année intense. Lorsque l’on vit de tels moments, je l’ai vécu en cabinet ministériel plus tard, vous gardez des relations intenses. J’ai fait des rencontres qui m’ont marqué j’ai encore des amis dont je suis extrêmement proche et que je vois régulièrement.
Charles fait évidemment partie de ces rencontres
Christian Harbulot est une figure pour qui j’ai énormément d’affection, pour sa vision, sa pugnacité, ses utopies aussi. C’est ce qui nous fait avancer.

Avez-vous un conseil pour un étudiant?
L’EGE, c’est une corde de plus à votre arc, c’est ce qui vous permettra de faire une différence lorsque vous serez en compétition avec d’autres personnes qui viennent des mêmes horizons.

Anecdote sur Charles?
Un soir, étudiant à l’EGE, je me suis retrouvé enfermé dehors devant la porte de mon appartement. À l’époque, il était le seul numéro de portable que je connaissais. Je n’avais rien, je suis rentré dans une cabine téléphonique, j’ai pu l’appeler et il m’a accueilli à bras ouverts. C’est Charles!


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