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16 juin 2021
Revue de presse

L'actu politique du 16 Juin 2021

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AEGE - LE RÉSEAU D'EXPERTS EN INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE

CLUB RELATIONS PUBLIQUES
Chaque semaine, toute l'information politique.                         N°28           16 Juin 2021
A LA UNE
 

Le président Macron giflé : illustration d’un climat politique délétère et violent

En déplacement dans la Drôme, le président, à peine sorti de sa voiture, s’est précipité vers la foule mais en retour il a été giflé par un jeune homme qui a hurlé : “Montjoie Saint-Denis !” et “A bas la macronie !”. Face à cet acte, l’ensemble de la classe politique a unanimement condamné et apporté son soutien au chef de l’Etat. 
L’auteur de la gifle, proche de la mouvance des Gilets jaunes et de l’extrême-droite, a été jugé en comparution immédiate et a été condamné à 18 mois de prison : 4 mois ferme, 14 mois avec sursis, une interdiction à vie toute fonction publique et une privation de 5 ans de ses droits civiques.  De nombreux observateurs de la politique ont souligné que ce geste est l’illustration de la dégradation du climat politique et une banalisation de la violence qui ont pour point de départ les réseaux sociaux et les débats sur les chaînes d’infos en continu. Ils s’interrogent aussi sur l’état actuel de la société après une crise sanitaire qui a eu des effets non-négligeables sur les Français et Françaises. De son côté, le président Macron a repris son bain de foule et a minimisé la gifle. 
Ce geste intervient dans un contexte d’élections régionales et départementales de plus en plus tendu où au lieu de débattre les candidats s’invectivent comme on a pu le voir dans les Hauts-de-France entre le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti et François Ruffin, député LFI et un candidat RN aux départementales. Des petites phrases comme celle prononcée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à l’encontre du Rassemblement nationale contribue aussi à attiser les tensions. Plus largement, ce climat politique révèle la limite du macronisme. En voulant faire table rase de tous corps intermédiaires, le président se trouve directement en contact avec les citoyens sans filtre. Ainsi, les citoyens veulent interpeller le chef de l’Etat sans passer par les représentants de la Nation qui ont pour principale mission de faire remonter les inquiétudes des citoyens et de les filtrer. 
En vue de la présidentielle de 2022, de nombreux responsables politiques dont de la majorité s’inquiètent et craignent une campagne sale où tous les coups seront permis. Pour eux, ce climat délétère serait aggravé par un fait nouveau à savoir que les deux principales chaînes d’info sont désormais en concurrence et feront preuve d’une surenchère médiatique pour attirer les téléspectateurs. 

Mélenchon indigne la classe politique après ses propos complotistes

Lors de l’émission Questions politiques sur France Inter Jean-Luc Mélenchon a déclenché une tempête médiatique et politique suite à ses propos. En effet, le président de La France insoumise a prédit : “Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident, ou un meurtre dans la dernière semaine de la campagne présidentielle. Ça a été Merah en 2012, ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs Elysées. Vous vous rappelez de tout ça ? Avant on avait eu papy Voise, dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance. Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau et l’événement gravissime, qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile”. Il a aussi déclaré que le système était "oligarchique". Ces propos ont été condamnés par l’ensemble de la classe politique qui a dénoncé une dérive complotiste. 
Les parents ou proches des victimes d’attentats ont également condamné ses déclarations. 
Face à ce tir de barrage de la classe politique, les membres de La France insoumise ont défendu voire minimisé les propos de Jean-Luc Mélenchon. 
A gauche, ses déclarations ont embarrassé les élus qui se font faits très discrets. Beaucoup ont condamné mais les propos de Mélenchon jettent le trouble à une semaine du premier tour des régionales car La France insoumise fait partie de la coalition. Ainsi, les partis de gauche ne veulent pas risquer de faire imploser leur liste ou d’empêcher tout rapprochement en vue d’une fusion au second tour. 
La charge la plus lourde est venue du Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui a fustigé le leader de la France insoumise. Il a précisé que ses propos empêchent Jean-Luc Mélenchon d’incarner le leadership à gauche en vue de la présidentielle. 
Pour faire oublier ses propos, il a déterré une vidéo d’un youtubeur d’extrême-droite qui expliquait comment s’en prendre à un électeur LFI. Il a demandé une protection de l’opinion face à la montée de l’extrême-droite qui menacerait, selon lui, la République. 
 

Eric Zemmour, sur la rampe de lancement de la présidentielle ?

Peut-être qu’il faudra passer à l’action”. Ces quelques mots prononcés sur la chaîne Youtube “Livre noir” par l’éditorialiste, polémiste, écrivain et journaliste Eric Zemmour ont relancé les spéculations sur une éventuelle candidature en 2022. 
Enivré par ses audiences tous les soirs sur CNEWS et ses succès en librairie, Eric Zemmour  par petites touches commence à préparer sa candidature. Ainsi, selon plusieurs sources journalistiques, les indices ne trompent pas. 
Le journaliste est à la recherche d’un directeur de campagne et de communicants. Il a proposé à l’ancien préfet et directeur de campagne de Jacques Chirac en 1995 et de François Fillon en 2017, Patrick Stefanini, d’être son directeur de campagne mais celui-ci a refusé. Parallèlement, avec une équipe d’une dizaine de personnes, il multiplie les rencontres avec des chefs d’entreprises, des industriels afin de financer son hypothétique candidature. A cette fin, une association a été créée, Les Amis d’Eric Zemmour. Les donations atteignent très souvent les 7 500€, plafond autorisé par la loi sur le financement des campagnes présidentielles. Un autre signe qui ne trompe pas, le 25 juin, il se rendra à Londres pour lever des fonds. Une association de jeunesse nommée Génération a été créée, elle mène régulièrement des campagnes d’affichage “Zemmour président” à travers la France. Il entamera un tour de France pour tâter le pouls du pays mais aussi pour commencer à recueillir les 500 parrainages à toute candidature. 
Avant de se déclarer officiellement, il attend de connaître l’identité du candidat de la droite.  Son éventuelle candidature commence à inquiéter tant Marine Le Pen, Les Républicains,  que l’Elysée. Au départ, la présidente du Rassemblement national ne prenait pas au sérieux sa candidature mais désormais elle s’inquiète. Ainsi, lors d’une interview, elle a déclaré qu’Eric Zemmour “affaiblirait le camp national”. Pour tenter d’enrayer cette possible candidature, Marine Le Pen et ses condisciples essayent de le convaincre de ne pas y aller. Leur argument massue est qu’Eric Zemmour ne doit pas être “la Taubira du camp national face à Macron”, référence à 2002 où la candidature de Christiane Taubira a constitué l’un des facteurs de la non-qualification de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin au second tour. A l’Elysée, on le surveille de très près d’où la proposition du conseiller politique d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, de décompter le temps de parole de l’éditorialiste. Chez Les Républicains, on surveille aussi son éventuelle candidature car elle pourrait affaiblir le candidat de droite. Ainsi, certains proposent qu’il se présente à une éventuelle primaire, de quoi faire bondir des élus de droite. 
Tous s’accordent, néanmoins sur trois points : sa candidature favoriserait Emmanuel Macron qu’Eric Zemmour ne cesse de dénoncer comme le fossoyeur de la nation française, ses succès médiatiques et en librairie ne correspondent pas forcément à un succès électoral et quelles sont ses propositions en matière économique, d’éducation, d’environnement, diplomatique...à part le grand remplacement. 

Tour de vis sur l’immigration

Pour enrayer la progression du Rassemblement national, le président Emmanuel Macron a réuni plusieurs membres du gouvernement, Jean Castex (Premier ministre), Gérald Darmanin (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) et une représentante du ministre de la Justice, sur le thème de
l’immigration et plus précisément l’expulsion des étrangers en situation irrégulière. L’exécutif constate que l’immigration est de moins en moins acceptée dans le pays et que les demandes d’asile sont détournées puisque les étrangers réclament l’asile car ils savent que l’examen sera long. Au terme de l’examen de leur demande, les étrangers non-éligibles à l’asile restent sur le territoire national car leurs pays d’origine refusent de les reprendre.  Face à ce constat, le président a exigé de ses ministres qu’ils mettent en œuvre tous les dispositifs existants pour réduire l’immigration et surtout d’accélérer les négociations avec les pays d’origine pour qu’ils reprennent davantage leurs ressortissants.  L’exécutif reconnaît qu’il est difficile d’éloigner les immigrés pour des raisons diplomatiques, politiques et médiatiques même si le taux d’éloignement augmente mais ne se rapproche pas de la moyenne européenne : 13,14% en France contre 30% dans l’Union européenne. Au cours de la réunion interministérielle, le président a ciblé prioritairement les étrangers en situation irrégulière auteurs d’actes de terrorisme ou fichés pour radicalisation mais aussi ceux ayant commis des crimes et délits et autres infractions graves. L’exécutif a pour objectif  de les emmener à l’aéroport pour les expulser une fois leur peine purgée en prison en France. 
Au niveau diplomatique, le Quai d’Orsay a reçu pour feuille de route d’intensifier les contacts avec les pays d’origine pour que ceux-ci délivrent davantage de laisser-passer consulaires. Le Ministère des Affaires étrangères envisage de durcir le ton avec l’Algérie et de prendre des décisions drastiques pour que ce pays accepte de reprendre ses citoyens.
Au sortir de la crise sanitaire qui a fait chuter considérablement les demandes d’asile, l’exécutif craint un afflux de réfugiés à moins d’un an de la présidentielle.  
Suite à cette réunion, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a exigé des préfets qu’ils priorisent les expulsions d’étrangers en situation irrégulière ayant commis de graves troubles à l’ordre public. Il a aussi demandé aux préfets de dégrader le statut de titre de séjour des réfugiés. Ainsi, si un réfugié ne respecte pas les obligations liées à la délivrance du titre de séjour celui-ci sera retiré et remplacé par une carte de séjour temporaire, valable un an. Un autre acte de délinquance pourra conduire à l’expulsion.
 
LE BRIEF POLITIQUE

Agression


Jean-Luc Mélenchon enfariné  : Le patron de LFI Jean-Luc Mélenchon a reçu de la farine sur le visage ce samedi, lors d'une manifestation contre l'extrême droite ce samedi dans les rues de Paris. L’auteur des faits, un youtubeur, a été interpellé peu après. Ce dernier a revendiqué le geste et sera jugé le 7 juillet pour "violences sur personne chargée d'une mission de service public" aux côtés d'un homme poursuivi pour "complicité" de ce délit a annoncé le parquet dimanche. Le candidat à la présidentielle dénonce un acte « lâche » qui « aurait pu être pire ».

Régionales


Gérald Darmanin estime qu'une victoire du RN serait « une marque satanique » : En déplacement à Dijon pour soutenir Denis Thuriot, candidat de la majorité présidentielle, Gérald Darmanin s'est laissé aller à une comparaison surprenante pour attaquer le parti de Marine Le Pen. « Il y a une volonté que le Rassemblement national ne gagne jamais une région. On voit bien la marque satanique que représenterait une victoire du RN », a lancé le ministre de l’intérieur.  Face à ces propos, Marine Le Pen évoque « un problème démocratique ».

Environnement


Climat dans la constitution, LREM propose une nouvelle formulation : Les députés LRM déposent un amendement pour intégrer la défense de l'environnement dans l'article 1er de la Constitution. Cette nouvelle formulation après un premier refus du Sénat sera présenté en commission mardi, avant l’examen du projet de révision constitutionnelle dans l’Hémicycle le 21 juin en deuxième lecture. Cet amendement « doit nous permettre de trouver la voix d'un accord avec le Sénat », a affirmé Pieyre-Alexandre Anglade, député (LREM) des Français établis hors de France et rapporteur de ce projet de loi.

Présidentielle 2022


Arnaud Montebourg relance l’hypothèse de sa candidature : L'ex-ministre socialiste Arnaud Montebourg tente de revenir dans le jeu à gauche pour la présidentielle de 2022. Cette semaine, il a relancé l’hypothèse de sa candidature sur France Inter en mentionnant vouloir « peser sur les événements » de la présidentielle. Cette déclaration vient contrebalancer le titre de presse annonçant un « renoncement » définitif de sa part à une candidature.
 
Vous avez une question ? Une remarque ? N'hésitez pas à nous contacter à l'adresse mail suivante : 

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  Par Pierre-Louis Julien & Jaëlle Nouvel  

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