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11 mai 2021
Revue de presse

L'actu politique du 11 Mai 2021

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AEGE - LE RÉSEAU D'EXPERTS EN INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE

CLUB RELATIONS PUBLIQUES
Chaque semaine, toute l'information politique.                         N°23            11 Mai 2021
A LA UNE
 

Elections régionales : entre nationalisation dans les Hauts-de-France et feuilleton en PACA

En quelques jours, la campagne des régionales a changé de physionomie en raison de la situation dans deux régions les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. 
Dans le Nord de la France, la campagne a pris un tour national avec l’annonce de la candidature du ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti comme tête de liste régionale dans le Pas-de-Calais. Le premier objectif de son implication dans les Hauts-de-France est de relancer la campagne du secrétaire d’Etat chargé des retraites Laurent Pietraszewski qui patine. Le gouvernement veut éviter que son candidat n’atteigne pas la barre de la qualification et ne puisse pas se maintenir au second tour. L’autre objectif est de mener le combat contre le Rassemblement national très puissant dans cette région puisqu’il y réalise ses meilleurs résultats électoraux. D’ailleurs, le premier week-end de campagne du garde des Sceaux a été marqué par un duel verbal à distance entre lui et Marine Le Pen. De nombreux observateurs politiques soulignent que la présence du ministre de la Justice alimente le Rassemblement national puisque celui-ci sert de repoussoir pour ses électeurs car il incarnerait le laxisme judiciaire, le parisianisme. Enfin, l’objectif non avoué mais bien présent est de contrarier le président sortant de la région et candidat à la présidentielle Xavier Bertrand. L’exécutif cherche par la candidature de Dupont-Moretti à améliorer le score du candidat de la majorité présidentielle et à faire baisser le score de Xavier Bertrand au premier tour, ce qui le contraindrait à nouer une alliance au second tour pour battre le candidat RN Sébastien Chenu. Cela empêcherait alors Xavier Bertrand d’apparaître comme un adversaire potentiel du chef de l’Etat en 2022. Par ailleurs, si le candidat LREM augmente son score et se maintient au second tour, cela pourrait conduire à la défaite de Xavier Bertrand et ferait les affaires d’Emmanuel Macron car ce le président de la région a d’ores et déjà annoncé qu’il quitterait la vie politique en cas de défaite aux régionales. 
A l’autre bout du pays en PACA, le feuilleton électoral n’en finit plus. Le parti Les Républicains a accordé son soutien à Renaud Muselier à condition qu’il n’y ait aucun accord avec En marche. Concrètement, ni parlementaires ni membres du gouvernement ne peuvent figurer sur la liste de Renaud Muselier. Cette position fait des mécontents au sein de ce parti. Ainsi, les maires de Toulon et de Nice Hubert Falco et Christian Estrosi ont annoncé leur départ des Républicains. Afin de se concilier une dernière fois la majorité présidentielle, le président sortant de la région a indiqué que la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel pouvait être présente sur sa liste à condition qu’elle quitte le gouvernement. Face au revirement de Renaud Muselier, Sophie Cluzel a annoncé qu’elle maintenait sa liste afin que l’humiliation ne se poursuive pas car elle aurait été totale si elle s’était retirée afin de ne pas entraver l’accord entre LR et LREM. Le maintien de sa candidature a déclenché de nombreuses protestations au sein de la majorité présidentielle. Des parlementaires LREM ont indiqué qu’ils n’apporteront pas leur soutien à Sophie Cluzel alors que d’autres demandent à la secrétaire d’Etat d’entamer une vraie négociation avec Renaud Muselier afin d’arriver à une liste unique LR-LREM et empêcher la victoire du candidat RN Thierry Mariani. Le feuilleton a fait des dégâts autant chez LR que LREM. Du côté LR, ce parti a dévoilé au grand jour ses divisions et LREM a donné l’image d’un parti qui pratique les magouilles électorales alors que durant la campagne présidentielle de 2017 il voulait y mettre fin. Le seul gagnant de cette séquence est le candidat RN Thierry Mariani qui risque d’engranger les voix des électeurs de droite déçus par cet épisode. 

L’exécutif pris à revers sur la sécurité

En vue de 2022, le président Macron veut séduire l’électorat de droite afin d’empêcher l’émergence d’un candidat issu de la droite qui pourrait le priver d’un match retour face à Marine Le Pen. L’intensification de la communication présidentielle sur le thème de la sécurité vient appuyer sa tentative de séduction de cet électorat. Le gouvernement ne se prive pas de rappeler à l’envie son action en faveur des forces de l’ordre : recrutement de policiers et gendarmes supplémentaires, rénovation des locaux, modernisation des équipements, généralisation des caméras-piétons et vote de la loi sécurité globale. 
Malgré tous ces gestes, le chef de l’Etat n’arrive pas à être perçu comme crédible par les Français sur ce sujet. L’assassinat d’un policier à Avignon a relancé le débat sur la gestion de la sécurité intérieure par le président Macron. Les policiers demandent au gouvernement des actes forts et rapides. Les syndicats font remonter un malaise grandissant au sein des forces de l’ordre. Ils réclament l’exécution des peines et une meilleure coordination avec la justice. Ils ont annoncé leur intention de suspendre leur participation au Beauvau de la sécurité si l’exécutif n’annonce pas des mesures concrètes. Pour maintenir la pression sur le gouvernement, les policiers ont annoncé une marche à Paris le 19 mai prochain. 
Le Premier ministre Jean Castex a annoncé, dans un premier temps, 10 millions d’euros supplémentaires pour renforcer la sécurité des commissariats de police dans le but d’apaiser les forces de l’ordre. Dans un deuxième temps, il a déclaré que la loi serait durcie pour les agresseurs de forces de l’ordre. Ainsi, la peine de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime commis contre un policier ou un gendarme serait porté à trente ans et les possibilités de réduction des peines seraient strictement limitées. Ces gestes n'ont en aucun cas fait baisser la tension sur l’exécutif mais a relancé le débat sur le “laxisme” de la réponse pénale. 
 

Référendum sur le climat enterré ?

Le 14 décembre dernier, le président Macron annonçait devant les 150 citoyens de la Convention pour le climat l’organisation d’un référendum afin d’ajouter à l’article premier de la Constitution de la Cinquième République un alinéa ayant pour objectif la garantie de la préservation de l’environnement. 
Selon la procédure constitutionnelle, la proposition de loi constitutionnelle doit être adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat en termes identiques. Ensuite, la loi votée pourra être soumise à référendum. 
L’Assemblée nationale dominée par la majorité présidentielle a adopté la loi constitutionnelle avec le terme “garantit”. Or, le Sénat, à majorité de droite, rejette ce terme car selon lui l’emploi du verbe “garantir” aboutirait à ce que la préservation de l’environnement prenne le dessus sur les autres principes constitutionnels. 
Face à ce blocage, dans son édition Le Journal du Dimanche indique qu’Emmanuel Macron aurait l’intention de renoncer à ce référendum. Pour étayer cette affirmation, on peut se référer aux propos du rapporteur à l’Assemblée nationale de la loi constitutionnelle Pieyre-Alexandre Anglade : “Les conditions d’un référendum ne sont pas réunies”. 
Face à cette révélation, l’Elysée a rappelé que la modification de l’article premier de la Constitution : “n’est pas enterrée” et a ajouté  : “La bataille n’est pas finie : comme elle l’est depuis le début du quinquennat, la cause écologique demeure l’une des priorités du président de la République”. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a martelé que l’organisation d’un référendum sur la préservation du climat est un engagement du président et a dénoncé l’attitude de la droite sénatoriale : “Mais aujourd’hui, la balle est dans le camp du Sénat. Il y a aujourd’hui une volonté, visiblement des sénateurs, de torpiller la proposition”. 
Les écologistes ont vivement réagi et ont dénoncé la renonciation du chef de l’Etat. Ainsi, Matthieu Orphelin, député et tête de liste écologiste aux élections régionales dans les Pays-de-la-Loire : “Un nouvel engagement sur l’écologie renié par Emmanuel Macron et LREM . Cela faisait des mois que je prévenais que le référendum n’aurait pas lieu. Triste pour les 150 citoyens de la Convention citoyenne qui y ont cru”. Des propos en droite ligne avec ceux du secrétaire national d’EELV Julien Bayou : “Emmanuel Macron aurait pu prévoir dans la loi des dispositifs qui garantissaient la protection de l’environnement, mais ce n’est pas lui qui le fera”. La droite sénatoriale a aussitôt accusé le président de faire porter son échec sur les sénateurs alors comme l’affirme Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR : “Macron nous accuse de blocage pour justifier l’annulation d’un référendum dont il ne voulait pas”. 

Un rapport parlementaire dénonce “l’hypocrisie des discours de fermeté” sur le cannabis

Après plus d’un an et 250 000 contributions de citoyens, la mission parlementaire sur la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis, présidée par le député LR de l’Essonne Robin Reda et composée de
députés de toutes tendances politiques, recommande de légaliser le cannabis récréatif.  
En effet, elle juge que l’interdiction est un objectif inatteignable et qu’elle n’a jamais eu les moyens de son ambition. Le rapport indique que la politique répressive est un échec total puisque cette drogue s’est banalisée chez les jeunes et d’une dégradation de la sécurité. Le budget d’un milliard d’euros consacré à la lutte antidrogue n’empêche pas la France d’être la championne d’Europe de la consommation du cannabis avec 5 millions d’usagers annuels dont 900 000 fumeurs quotidiens. Pour la mission, la politique de répression ne s’adresse pas au bon public. Elle cible les consommateurs alors que le rapport recommande de cibler en priorité les trafiquants. 
En outre, le rapport pointe le mythe de la France répressive car dans la majorité des cas, les consommateurs ne sont condamnés qu’à un rappel à l’ordre ou d’une amende alors que la loi punit d’un an de prison et de 3 750€ d’amende. Concernant les trafiquants, la France se classe comme le troisième pays le moins répressif.
Les députés prônent un modèle français de légalisation réglementée qui passerait par une politique sanitaire à destination des jeunes pour objectif de leur faire prendre conscience que l’usage de cannabis constitue un réel danger puisqu’il double les risques de schizophrénie, de dépression et les troubles anxieux. La légalisation permettrait de récolter deux milliards d’euros de recettes fiscales. La lutte contre les trafiquants serait l’aspect répressif. 
Suite à la parution de ce rapport, le député Libertés et territoires des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert a défendu lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la légalisation du cannabis. Pour étayer ses propos, il a sorti un joint, ce geste a provoqué de nombreuses huées dans les bancs de l’Assemblée nationale. 

 
 
LE BRIEF POLITIQUE
 

Election présidentielle 2022


Barnier, une possible candidature à la présidentielle de 2022 : Michel Barnier, l’ex-négociateur du Brexit, confie au « Point » sa volonté de porter un projet d’ambition et de rassemblement du pays à l’approche de la présidentielle de 2022. S’il fera connaître à l’automne sa décision de se présenter ou non à la présidentielle, l’ancien ministre l’assure : Dans l’état actuel du pays, ce que je représente, ce que je sais faire, mon sens du travail en équipe peuvent être utiles pour remettre notre pays sur le droit chemin.

Election départementales 2021


Claude chirac candidate aux départementales : La fille de Jacques Chirac, présidente de la Fondation Chirac se présente comme candidate aux élections départementales à Brive, en Corrèze, où sa mère Bernadette a été élue suppléante en 2015. Elle affirme n’avoir « jamais eu aucune carte, dans aucun parti politique », et qu’elle se présente sur la liste menée par le président sortant du conseil départemental, Pascal Coste (LR). 

Gouvernement


Castex annonce la disparition du corps préfectoral : Presque un mois jour pour jour après la suppression de l'ENA annoncée par Emmanuel Macron, c'est à un autre totem de la République que le gouvernement a décidé de s'attaquer ce jeudi 6 mai : celui du corps préfectoral. Si la fonction en tant que telle est vouée à perdurer, le statut particulier qui guide le parcours des préfets tout au long de leur carrière devrait quant à lui disparaître. Selon Matignon, cette réforme doit permettre « de mieux recruter, former et accompagner les cadres supérieurs de l’Etat ».

Commémoration


10 mai 1981, victoire de la gauche : Le 10 mai 1981, François Mitterrand était élu président de la République française, et pour la première fois depuis l'instauration de la Ve République, un socialiste accédait à l'Élysée. Quarante ans plus tard, les socialistes célèbrent sans éclat et en ordre dispersé cette victoire. Une exposition photo propose de revivre ces instants, du lundi 10 au dimanche16 mai 2021 à la place de la Bastille, à Paris. Le lieu est évidemment symbolique : c’est autour de la Colonne de Juillet que la victoire du socialiste a été fêtée, un dimanche orageux.

Armée


Une nouvelle tribune de militaires en préparation : Bien que le texte publié le 21 avril dans l'hebdomadaire « Valeurs actuelles » n’a pas manqué de susciter de vives polémique, une nouvelle tribune de militaires contre le « délitement » du pays est en préparation, a déclaré au Parisien le directeur de rédaction de l’hebdomadaire.
 
Vous avez une question ? Une remarque ? N'hésitez pas à nous contacter à l'adresse mail suivante : 

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  Par Pierre-Louis Julien & Jaëlle Nouvel  

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