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25 mai 2021
Revue de presse

L'actu politique du 25 Mai 2021

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CLUB RELATIONS PUBLIQUES
Chaque semaine, toute l'information politique.                         N°25           25 Mai 2021
A LA UNE
 

Police/justice : terrain miné pour l’exécutif 

La journée du 19 mai avait pourtant bien commencé pour l’exécutif : réouverture des terrasses des bars et restaurants et un plan de communication bien huilé pour susciter de l’enthousiasme chez les Français. 
Patatras, tout déraille, mercredi après-midi. Suite à l’assassinat de deux policiers à Rambouillet et à Avignon, les forces de l’ordre ont manifesté leur colère à l’appel de l’ensemble des syndicats des forces de l’ordre et ont dénoncé le fonctionnement de la justice. 
Bien en amont, cette manifestation a divisé la classe politique puisque Jean-Luc Mélenchon a parlé d’un rassemblement de “factieux”. Pour autant, de nombreuses personnalités politiques de toutes tendances se sont jointes au rassemblement : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Jordan Bardella, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez, Robert Ménard, Philippe de Villiers, Olivier Faure, Anne Hidalgo, Yannick Jadot dont son parti EELV n’a pas voulu , Fabien Roussel…
La présence du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a suscité l’ire de nombreux responsables politiques. Ils ont souligné à l’instar de François-Xavier Bellamy “indécent la présence de Gérald Darmanin” car le ministre de l’Intérieur aurait “manifesté contre son inaction”. D’ailleurs, l’accueil du ministre n’a pas été de tout repos puisqu’il a essuyé des huées. De nombreux observateurs ont souligné que la présence du ministre tout comme le lieu de la manifestation n’étaient pas anodins. Pour certains, il est inconcevable qu’un ministre, membre du pouvoir exécutif, manifeste devant l’Assemblée nationale car le rassemblement avait vocation à faire pression sur le pouvoir législatif pour qu’il durcisse la législation. Pour d’autres, le lieu n’est pas anodin et rappellerait de tristes épisodes de l’Histoire de France à savoir le 6 février 1934 où l’extrême droite a tenté de prendre la Chambre des députés. 
Le rassemblement a été l’occasion, à gauche, d’un règlement de comptes puisque la déclaration du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a suscité la colère de nombreux responsables à gauche, celui-ci a déclaré que “la police devait avoir un droit de regard sur la justice”. Face aux nombreuses critiques, il a tout de suite rétropédalé. 
La journée a pris une toute autre couleur suite à la déclaration sur l’estrade du secrétaire général du syndicat Alliance-police nationale : “Le problème de la police, c’est la justice”. Le ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti, grand absent, était pourtant au centre des critiques. Il a réagi à l’Assemblée nationale : “En tant que citoyen, j’aurais pu me retrouver dans cette manifestation pour apporter mon soutien aux services de police” et “les policiers et les magistrats sont dans la même barque”. Toute la semaine, il s’est employé à démonter l’accusation de laxisme de la justice. Pour autant, le duo intérieur-justice sort fracturé de cet épisode. 
L’exécutif sort affaibli de cette séquence car les policiers menacent de manifester de nouveau si l’exécutif n’accède pas à leur principale demande  : peines incompressibles ou minimales pour les agresseurs de représentants de l’autorité publique. Le climat de défiance entre le gouvernement et les forces de l’ordre s’est de nouveau aggravé avec la censure de l’article 24 de la loi sécurité globale par le Conseil constitutionnel, celui-ci prévoyait de “punir la provocation à l’identification des forces de l’ordre”. 
Toute cette séquence a eu pour conséquence d’aggraver le fossé entre la police et la justice. De nombreux observateurs s’alarment sur le risque que ces deux institutions deviennent des forces antagonistes et qu’il est urgent de réparer le lien car toute politique sécuritaire ne peut se faire sans l’un ni l’autre. 

Conjurer l’effacement dès le premier tour : nouvelle réunion à gauche en vue de l’union

Après leur première entrevue du 17 avril, les dirigeants de la gauche et différents collectifs citoyens, représentants de la société civile et d’organisations comme ATTAC, Greenpeace, CFDT et ATD Quart Monde, se sont donné rendez-vous pour le 24 mai dans le but d’aborder les conditions pour qu’il y ait une candidature commune de gauche au premier tour afin de troubler le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. 
Pour autant, les différents dirigeants incarnant la gauche française ne montrent pas tous le même enthousiasme : au PS, on indique que la rencontre est annulée, Yannick Jadot, candidat à la primaire écologiste dit qu’il s’y rendra, du côté du PCF, on s’y rendra mais le ton est mesuré et le secrétaire national d’EELV Julien Bayou n’a pas encore donné sa réponse. 
Le manque d’enthousiasme se voit dans la liste des présents. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ne viendra pas car il n’a pas été tenu au courant, les membres de La France insoumise non plus car ils jugent l’agenda de la réunion flou et le maire EELV de Grenoble Éric Piolle n’y sera pas. Pour lui, les dirigeants des partis politiques doivent désormais prendre l’initiative et démontrer qu’ils veulent vraiment faire l’union à gauche. Selon lui, ce n’est pas aux candidats potentiels, comme lui, de faire l’union. D’ailleurs, la maire PS Anne Hidalgo ne sera sans doute pas là. 
Le résultat de la réunion est déjà connu, aucune issue politique. Les partis de gauche se regardent en chiens de faïence. Ils attendent le soir du second tour des régionales et voir le poids électoral de chacun pour envisager une éventuelle candidature commune. EELV et le PS voient dans ce second tour un moyen de déterminer qui d’EELV ou du PS pèse le plus à gauche. Ainsi, le parti qui a réalisé le meilleur score pourra revendiquer le leadership à gauche. 

Le second tour des régionales ne constitue pas une issue au choix du présidentiable à gauche car la primaire écologiste n’a lieu qu’en septembre et Anne Hidalgo, probable candidate socialiste a indiqué qu’elle ne pourrait déclarer sa candidature qu’en février 2022. 
 

L’exécutif veut enclencher une nouvelle séquence politique

Sortir de l’interminable séquence Covid et retrouver une vie plus normale, tel est l’objectif de l’exécutif. Tout au long de la semaine, le président et le Premier ministre ont voulu se faire les relais des bonnes nouvelles. Mercredi, jour de réouverture des terrasses des bars et des
restaurants, le président accompagné de son Premier ministre ont bu un verre de café. Cette image avait pour objectif de matérialiser le retour à une vie plus normale aux Français et démontrer aux Français la pertinence du choix présidentiel de déconfiner le 19 mai face à certains avis contraires de scientifiques. Plusieurs ministres comme Bruno Le Maire, Jean-Baptiste Lemoyne et Marlène Schiappa ont accompagné la communication présidentielle.
La semaine des bonnes nouvelles s’est poursuivie avec plusieurs annonces : mise en place d’un pass Sport (aide de 50€ à destination des enfants bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire ou ceux souffrant de handicap), instauration d’un pass culture de 300€ qui permettra aux jeunes âgés de 18 ans d’acquérir des biens culturels et inauguration du train de nuit Paris-Nice où le Premier ministre Jean Castex s’est fait chef de bord. Son retour a déclenché un début de polémique car il l’a effectué en Falcon, de quoi hérisser les cheveux écologistes qui pointent le simple coup de com de l’opération. 

Présidentielle 2022 : vers la création d’un grand mouvement social-démocrate

Le parti présidentiel La République en marche vient à peine de souffler ses 5 bougies que déjà le président Emmanuel Macron souhaite créer un parti social-démocrate qui incarnerait le dépassement et recomposition politique.
Ce grand mouvement permettrait d’accueillir après les régionales de juin les élus de droite et de gauche qui souhaitent avancer ensemble et soutenir la candidature d’Emmanuel Macron pour un second mandat.
L’autre objectif est de structurer une majorité présidentielle regroupant de nombreux partis mais aussi de pallier les faiblesses structurelles de La République en marche : manque d’implantation locale, structuration déficiente, ligne politique illisible et faible incarnation en dehors du président de la République. 
Toutefois, les adversaires de cette initiative sont nombreux au sein de la majorité présidentielle. Le MoDem et Agir refusent net cette initiative. Pour eux, le lancement de ce parti ne serait intéressant qu’une fois la présidentielle passée. Ils soulignent aussi que chaque parti a ses singularités et ses divergences sur certains sujets. Un autre argument avancé est que le temps des partis politiques est fini et qu’en fondant un nouveau parti la majorité risquerait de se refermer sur elle-même alors que l’objectif est de rassembler le plus largement. 
Les membres éminents de la majorité plaident pour rassembler tous les partis de la majorité après la présidentielle en vue des législatives. En coulisses, on reconnaît qu’il sera difficile d’atteindre de nouveau la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Les différentes composantes seraient alors incitées à se rassembler car la dispersion entraînerait leur disparition pure et simple. 
Cette initiative lancée après la présidentielle risque de ne pas voir le jour si l’écart entre le président et Marine Le Pen est mince au second tour. 
 
LE BRIEF POLITIQUE

Président de la République


Statut spécifique pour les agents publics : Emmanuel Macron a annoncé ce vendredi matin sur Twitter vouloir rendre hommage aux agents du service public "décédés dans des circonstances exceptionnelles". Pour cela, le président compte demander au Parlement un projet d’amendement pour la création d’un nouveau statut accordé aux agents du service public morts « au service de la République », comme cela a été le cas lors du meurtre de l'assistance sociale, Audrey Adam, dans l'Aube.

Régionales


Audrey Pulvar ciblée par Gérald Darmanin et Valérie Pécresse : En pleine campagne pour les élections régionales, le ministre de l’intérieur a déposé plainte ce dimanche contre la candidate des socialistes aux régionales en Ile-de-France, l’accusant de « diffamer la police », suite à ses propos sur la manifestation du 19 mai. Gérald Darmanin "tend une main" vers Audrey Pulvar sur son compte twitter. Les avocats de la tête de liste socialiste aux élections régionales en Ile-de-France ont annoncé lundi qu'ils allaient également saisir la justice contre ce dernier.

Société


Polémique RN Youssoupha : "Ecris mon nom en bleu", l'hymne de l'équipe de France pour l'Euro, est signé du rappeur Youssoupha. Un choix qui met en colère le Rassemblement national car Jordan Bardella, le vice-président du Rassemblement National n’a pas manqué de critiquer ce jeudi le choix de l'interprète. "Benzema avait un jour dit que Didier Deschamps cédait à une partie raciste de la France. Eh bien je pense qu’on a cédé aujourd’hui à une partie racaille de la France en choisissant Youssoupha », déclare-t-il sur FranceInfo. 

Loi


Censure partielle de la loi sur les langues régionales : Le Conseil constitutionnel a validé ce vendredi l’article de la proposition de loi portant sur le financement d’écoles privés. Mais il rejette deux dispositions centrales : l’enseignement immersif dans le public et l’utilisation de signes diacritiques. François Bayrou, l'ancien ministre de l'Éducation nationale et actuel haut-commissaire au plan réagit à cette décision, qu’il juge menaçante pour notre patrimoine linguistique. 

Réforme


Marine Le Pen prend la défense des préfets : Alors qu’Emmanuel Macron veut supprimer le corps préfectoral, Marine Le Pen a adressé une lettre aux préfets dans laquelle elle s’oppose à la réforme de la haute fonction publique initiée par le président de la République lui-même. Dans cette lettre, la présidente du RN affirme « croire au modèle administratif français ». Pour elle, « s’attaquer au corps préfectoral […] confirme une volonté méthodique de déconstruction d’un édifice administratif autour duquel s’est forgée la Nation ».
 
Vous avez une question ? Une remarque ? N'hésitez pas à nous contacter à l'adresse mail suivante : 

aege.relationspubliques@gmail.com


  Par Pierre-Louis Julien & Jaëlle Nouvel  

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